Rien n'importe plus que la conscience

Publié le par reikilorient Pat et Nina

conscience3.jpgSans trop se poser de questions, parce qu’ils les ont appris à l’école ou à l’École de la Vie, les gens fonctionnent avec les définitions et les connaissances que les manuels leur fournissent ou que leurs semblables leur ont suggérées, les prenant pour une vérité absolue, donc pour une certitude. C’est bien connu que, pour plusieurs êtres humains, ce qui est écrit noir sur blanc, comme ce qui est communiqué par un moyen de communication de masse, devient leur certitude ou leur dogme de foi. Combien de fois entend-on dire : «Mais je l’ai lu quelque part» ou «je l’ai entendu à la télé», comme si le discernement ou, mieux dit, la conscience ne devait pas se mêler de filtrer tout ce qui parvient de l’extérieur. Quelle ne doit pas être leur surprise et leur confusion lorsque quelqu’un se mêle d’écrire dans un livre ou d’émettre à la radio une version différente que la dernière à laquelle ils ont adhéré.

Par exemple, j’ai déjà souligné à nombre de reprises que si un chercheur spirituel s’en tenait à la définition de l’amour que donnent les dictionnaires, il prendrait le Sentier spirituel à rebours, aboutissant au point inverse qu’il doit mener, soit à l’Enfer plutôt qu’au Paradis.

Par exemple, Le Petit Larousse définit le mot «amour» ainsi : «sentiment très intense, attachement englobant la tendresse et l’attirance physique, entre deux personnes». Au mot «affection», il parle d’«attachement» ou de «tendresse que l’on éprouve pour quelqu’un». Pour sa part, Le Nouveau Petit Robert de la langue française abonde dans le même sens, définissant d’abord l’«amour» comme un «attachement à quelqu’un» ou «à quelque chose», précisant, dans un premier article qu’il s’agit de l’«inclination envers une personne, le plus souvent à caractère passionnel, fondée sur l’instinct sexuel mais entraînant des comportements variés» et l’«affection» comme le «sentiment tendre qui attache une personne à une autre».

Pour ces deux dictionnaires, l’amour et l’affection deviennent ainsi des synonymes alors que, en spiritualité initiatique, il s’agit de deux antonymes : en effet, l’«amour» porte à libérer et à se libérer, n’accaparant rien et ne se laissant jamais accaparer, l’«affection» précisant pour sa part un sentiment qui porte, à divers degrés, à la possessivité, parce qu’il représente un attachement sentimental et captatif. Très peu de mots des dictionnaires donnent une définition pertinente pour ce qui a trait à la compréhension des lois naturelles et des principes cosmiques, comme à l’évolution spirituelle. C’est la raison pour laquelle on aura remarqué que chaque fois que je traite d’une notion spirituelle importante, je prends toujours la peine de préciser le sens du concept que je m’apprête à expose afin d’éviter au mieux les possibilités d’interprétation erratiques.


Pour marquer l’importance pour un chercheur spirituel de redéfinir ses mots et ses concepts, on pourrait relever de nombreux cas d’impropriétés et de contradictions du genre qui ont de quoi faire prendre la mauvaise tangente et rendre impuissant à comprendre l’enseignement d’un Instructeur spirituel, donc à l’appliquer correctement, ce qui peut, après nombre d’échecs, finir par démotiver et porter vers le scepticisme ou le nihilisme. En passant, le lecteur qui ne connaît pas le sens du mot «nihilisme» et ne prendra pas la peine d’en saisir la portée philosophique se privera de la possibilité d’enrichir son vocabulaire et de comprendre parfaitement le sens de mon assertion.

Mais, pour en revenir au propos du présent article, la «conscience», il existe le même danger qu’un chercheur croie comprendre mon explication, alors qu’on n’y aura compris que dalle, parce qu’il l’aura interprété à partir du mauvais concept qu’il a en tête ou qu’il a emprunté à un dictionnaire usuel. En effet, les dictionnaires communs définissent la conscience comme la «perception» ou la «connaissance plus ou moins claire que chacun peut avoir du monde extérieur et de lui-même», comme l’«acte» ou l’«état dans lequel le sujet se connaît en tant que tel et se distingue de l’objet qu’il connaît» ou comme le «sentiment intérieur qui pousse à porter un jugement de valeur sur ses propres actes» ou comme le «sens du bien et du mal».

À partir de telles définitions, le chercheur sera porté à se mettre à étudier, ce qui comporte souvent l’acte de lire beaucoup ou d’assister à de nombreuses conférences traitant de sujets métaphysiques, compliqués de techniques et de rituels, au risque de faire ses classes auprès de divers types d’imposteurs, ne parvenant qu’à farcir son mental, alors que ce qui importe le plus, pour s’élever, c’est de désapprendre, de se libérer de ses approximations, de ses fausses connaissances et de ses croyances bien ancrées, donc de faire table rase des notions intellectuelles, afin de retrouver sa virginité d’esprit originelle, en écartant un intellect trop inquisiteur, qui finit par tout compliquer et morceler, pour se livrer à l’écoute de son intuition, par la voie de l’intériorisation, de manière à pouvoir ensuite déterminer les expériences pertinentes qui fourniront les certitudes dont il a besoin pour s’appuyer sur des fondements véridiques et solides.

On ne répète jamais assez que la raison, qui s’applique à la réalité extérieure et concrète, reste inapte à saisir ce qui dépasse son entendement, ce qui est le cas de la majorité des phénomènes de la vie, dont la Cause est invisible, parce que spirituelle.

Même s’il en connaissait bien les propriétés physiques et mécaniques, savoir ce qu’est le fer ou tout autre élément matériel ne dit pas ce que ce matériau est dans sa réalité subtile, ce qu’il représente comme archétype dans le Système divin, la place qu’il y occupe dans l’Économie cosmique et l’usage qu’un être humain peut en faire pour favoriser son «évolution», un mot qui ne désigne jamais rien d’autre que le trajet qui va de soi au Soi divin, à son Centre divin intérieur, le Noyau essentiel de son Être.


Voilà ce qui me permet de vous révéler un autre secret spirituel d’importance. Puisque le développement de la conscience est et demeure l’un des facteurs essentiels de la Réalisation, de l’accession à la Maîtrise totale ou de la production de l‘Ascension, n’importerait-il pas de savoir ce que signifie vraiment ce mot, de manière à savoir ce qu’il implique, concrètement, pour le chercheur spirituel? Mais c’est assurément d’importance primordiale pour l’amener à s’impliquer là où cela compte et fait une différence! Alors, que l’on retienne que la «conscience» n’a rien à voir avec la «connaissance» telle qu’on l’a définit généralement. La conscience désigne le mouvement de l’Être intérieur ou du Centre divin dans sa quête d’expression totale, ce qui implique, non la connaissance de soi, mais la co-naissance avec soi, mieux dit, avec le Soi. La conscience, c’est une fusion progressive avec la Réalité divine qui s’exprime à travers soi par son Centre divin.

Dans le Cosmos, tout tire son origine de l’Idée primordiale, de la Pensée unique, de la Sensibilité universelle de l’Absolu. Cela laisse comprendre que, à travers chaque être incarné, l’Idéal divin a besoin de sa conscience pour s’extérioriser dans sa vie objective. L’Absolu exprime son Idéal divin à travers chacun d’eux en proportion de sa conscience, dans la mesure où celui-ci le mesure ou le forme à son tour dans son idée, mais conformément à la réalité qu’elle représente, pas par rapport au concept, souvent bien différent, que le mental peut en développer. Car, dans le processus créatif de l’âme, chaque être incarné devient la réflexion individuelle de la part du Pouvoir divin, relatif à lui-même, qu’il réalise être. Autrement dit, il détient un Pouvoir spirituel égal au degré d’acceptation et d’intégration de la Réalité divine que, dans le détachement, se laissant couler au gré du flot de la Vie, il laisse se reproduire dans son univers particulier. Il détient un Pouvoir spirituel égal à la part du Plan divin qu’il laisse s’exprimer et se révéler à travers lui.

Dès lors, la conscience individuelle de l’être incarné devient un nouveau point de départ à l’œuvre du Pouvoir divin. Dans ce contexte pour exprimer le rôle de la conscience, une comparaison pourrait servir. Si ses facultés ne rencontrent pas d’obstacle, lorsqu’un être humain joue d’un instrument de musique, il sait spontanément reconnaître lorsqu’il fait une fausse note, ce qui devient encore plus évident pour lui s’il est entouré d’un groupe de musiciens jouant du même instrument que lui. Sur le Clavier de la Conscience universelle, la conscience réagit de la même manière, amenant à jouer comme il faut, à s’ajuster à la vibration de l’Absolu ou de l’Être unique.

À moins d’être dénaturé ou physiquement débilité, l’être qui agit à l’encontre de sa Conscience profonde le saisit d’emblée par un ressenti intime, s’il ne le couvre pas par un délire de justifications intellectuelles ou de ratiocinations. Et s’il persiste à défier ses intuitions profondes, il développe du regret ou du remords, ce qui l’amène à développer, dans le temps, un sentiment de culpabilité plus ou moins obsédant.

Tout cela pour dire que la conscience surgit de la co-naissance avec soi, non de la connaissance approfondie du monde extérieur. Pour cette raison, on peut dire que le plus grand tort du chercheur spirituel, qui veut devenir conscient, c’est de se projeter exagérément dans le monde extérieur par rapport à ce qu’il s’intériorise et se met à l’écoute de la Voix de l’Absolu qui murmure constamment en lui. Pour ce qui concerne chaque être particulier, le point de départ de la conscience réside dans l’abandon à l’Être intérieur ou au Centre divin, car, en le laissant s’exprimer, plutôt que de chercher dans les livres ou d’assister à des cours, il en vient à voir les divers phénomènes comme ils sont, non comme il imagine qu’ils sont ou comme il voudrait qu’ils soient.

 

© 2013 Bertrand Duhaime (Douraganandâ). Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde. Ou emprunté, avec permission de l’auteur, à https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

Publié dans Textes Lumières

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